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Une équipe de recherche marque deux décennies de suivi du succès de la population étudiante en médecine de l’Université de l’EMNO

Lorsque l’Université de l’EMNO a ouvert ses portes en 2005, elle inaugurait un nouveau modèle de formation en médecine faisant appel aux communautés dans le Nord de l’Ontario. Dotée d’un mandat de responsabilité sociale explicite qui est d’améliorer l’équité en santé, elle forme de futurs médecins, diététistes et professionnels de la santé pour exercer dans des communautés rurales, du Nord, francophones et autochtones.

Dans le cadre du mandat de responsabilité sociale de l’Université de l’EMNO, une équipe de recherche a commencé à suivre la population étudiante et les diplômées et diplômés afin de comprendre les incidences à long terme du modèle et a mené pour cela une étude longitudinale maintenant réputée à l’échelle internationale. L’étude, intitulée « Health Education and Workforce Impact Study (HEWIS) » sonde la population étudiante en médecine dans la première et la quatrième année du programme pour comprendre ses préférences, ses raisons pour fréquenter l’Université de l’EMNO, les endroits où elle entend exercer, et d’autres éléments.

« L’étude est conçue pour nous aider à comprendre non seulement les décisions prises au cours de la carrière, mais leurs raisons » explique Brian Ross, Ph.D., professeur à l’Université de l’EMNO.

En mai, le professeur Ross et ses collaboratrices, Margaret French, la Dre Sarah Newbery et Erin Cameron, Ph.D., ont publié les résultats de l’étude menée pendant 20 ans. Ils révèlent que 51,3 pour cent des diplômées et diplômés de l’Université de l’EMNO sont restés dans le Nord de l’Ontario pour exercer et que la majorité a choisi la médecine familiale. Ce pourcentage fait partie des plus élevés relevés dans les écoles de médecine canadiennes et dépasse largement celui de la population étudiante canadienne en médecine qui choisit la médecine familiale en moyenne.

« En première année, la plupart des étudiantes et étudiants souhaitent devenir médecins de famille et nous parvenons à en retenir la grande majorité, ajoute le professeur Ross. Cependant, parmi les personnes qui s’intéressent au début à d’autres spécialités, environ 40 pour cent finissent par choisir la médecine familiale. »

« Si le Canada à un problème dans le domaine de la médecine familiale, nous avons une solution », poursuit-il.

Le professeur Ross attribue ces taux élevés aux stages obligatoires dans des communautés rurales du Nord de l’Ontario. L’externat communautaire polyvalent obligatoire en troisième année oblige à vivre et s’instruire pendant environ huit mois dans une communauté du Nord de l’Ontario et à acquérir de l’expérience clinique dans des cabinets de médecine familiale.

L’étude apporte de précieuses perspectives sur les stratégies qui sont efficaces et sur la façon dont l’Université de l’EMNO s’acquitte de son mandat. Elle met également en lumière les facteurs qui influencent les diplômées et diplômés des programmes de l’Université de l’EMNO à demeurer dans les communautés du Nord après leur formation ou à partir. Le professeur Ross dit que les données peuvent également être utilisées pour attirer des étudiantes et étudiants et des résidents potentiels en médecine et renforcer le maintien en poste dans toutes les spécialités.

« La plupart de ces éléments probants montre que notre modèle fonctionne. Il atteint son but et vaut l’investissement en raison de son succès » conclut-il.

L’équipe de recherche recueille également des données sur les résidents en médecine (des médecins qui ont obtenu leur grade et suivent une formation obligatoire dans une spécialité, comme la médecine familiale) qui seront analysées prochainement. Le professeur Ross espère que ces informations donneront une idée de la façon d’augmenter le taux de maintien en poste dans le Nord : « L’essence de l’étude de suivi est de comprendre ce que font les diplômées et diplômés et pourquoi, ce qui nous permettra de concevoir des programmes et des processus qui permettront de retenir davantage de médecins dans le Nord de l’Ontario où ils sont nécessaires ».

Pour en savoir davantage : HEWIS à l’Université de l’EMNO

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L’Université de l’EMNO est la première université autonome de médecine du Canada et une des stratégies les plus réussies de formation de main-d’œuvre en santé dans le Nord de l’Ontario. Ce n’est pas uniquement un établissement de formation en médecine. Établie expressément pour répondre aux besoins du Nord de l’Ontario en matière de santé, en plus d’encourager l’accès équitable aux soins, elle contribue au développement économique de la région. L’Université de l’EMNO compte sur l’engagement et l’expertise des gens du Nord de l’Ontario pour former des professionnels de la santé aptes à exercer dans des communautés autochtones, francophones, rurales, éloignées et insuffisamment desservies. Axée sur la diversité, l’inclusion et la défense des intérêts, l’Université de l’EMNO est un organisme primé socialement responsable réputé pour son modèle novateur de formation et de recherche régionalisées faisant appel aux communautés.

L’Université de l’EMNO organisera une journée Portes Ouvertes le 21 novembre 2025 de 14 h à 17 h pour célébrer son 20e anniversaire. RSVP

Écrire à news@nosm.ca pour obtenir d’autres renseignements.

Célébrez 20 ans dans le Nord lors de la journée Portes ouvertes de l’Université de l’EMNO

Nord de l’Ontario, nous vous invitons à célébrer deux décennies d’incidence lors de la journée Portes ouvertes marquant le 20e anniversaire de l’Université de l’EMNO. Venez explorer nos campus, rencontrer la communauté qui a construit la première université autonome de médecine du Canada et jeter un regard sur les vingt prochaines années d’innovation dans le Nord.

Date : Vendredi 21 novembre 2025

Heure : 14 h – 17 h

Lieux : 
Université de l’EMNO à Thunder Bay, 955 chemin Oliver
Université de l’EMNO à Sudbury, 935 chemin du lac Ramsey

RSVP

Voici Bobbi Derkson, coordonnatrice administrative locale, qui intègre les stagiaires dans la communauté à Kenora

Les coordonnatrices et coordonnateurs administratifs locaux (CAL) jouent un rôle essentiel à l’Université de l’EMNO car elles/ils veillent non seulement à que les étudiantes et étudiants en médecine réussissent mais prospèrent également dans les communautés du Nord où ils s’instruisent. À Kenora, c’est justement ce que Bobbi Derkson fait, et bien plus.

Résidente de Kenora depuis plus de 20 ans, Mme Derkson est plus qu’une administratrice locale, c’est un mentor, un guide culturel et une agente de liaison communautaire qui a de profondes racines dans la communauté et le monde des soins de santé.

« Je veille à ce que les futurs médecins se sentent épaulés et bienvenus, dit-elle. L’aspect de mon travail que je préfère est de voir une étudiante ou un étudiant faire irruption dans mon bureau, impatient de me faire part d’une nouvelle découverte. La meilleure chose c’est de les voir revenir sans cesse. »

Les CAL entrent en jeu bien avant l’arrivée des étudiantes et étudiants car elles et ils gèrent tous les aspects de leur séjour, depuis la confirmation des stages et la coordination de l’hébergement en passant par l’établissement des titres de compétence. Puis, quand les étudiantes et étudiants arrivent en communauté, les CAL prennent aussi en charge, entre autres, la logistique et le soutien émotionnel. Cela aide les étudiantes et étudiants à prendre un bon départ à l’hôpital et dans la communauté.

Mme Derkson explique : « Si les étudiantes et étudiants arrivent en autobus et ont besoin de faire des provisions, je vais habituellement les chercher et les aide à faire leur premier gros voyage à l’épicerie. Ensuite, ils rencontrent des camarades et trouvent quelqu’un pour les conduire, mais habituellement, c’est moi qui les accompagne la première fois. »

Elle s’occupe même de détails pratiques, comme obtenir les badges de l’hôpital, les permis de stationnement et assurer l’accès à des bicyclettes, des kayaks et des canoés durant leur temps libre.

La semaine d’orientation inclut des visites de l’hôpital et d’organismes locaux car Mme Derkson pense que la sensibilisation à la communauté et à la culture est spécialement importante à Kenora.

« Kenora a une très grande population d’Autochtones et il y a plusieurs Premières Nations dans les environs. J’essaie d’enseigner certaines expressions anishinaabes aux étudiantes et étudiants; je les imprime et les affichent dans le salon étudiant pour les aider à écouter et lire la langue. Je les invite aussi à une cérémonie de la suerie. Nous les initions à la médecine traditionnelle et aux bains de cèdres, et je conserve des jupes à rubans dans le salon étudiant pour le cas où ils veulent aller à une cérémonie de suerie ou autre ou à un pow wow. Cette année, nous avons assisté à un pow wow durant la semaine d’orientation. »

Mme Derkson sait que son travail contribue à retenir des étudiantes et étudiants et à les mettre en relation avec la communauté : « Officiellement, je ne m’occupe pas du recrutement, mais à bien des égards, c’est exactement ce que je fais. Nous espérons que les étudiantes et étudiants ont une bonne expérience ici. C’est en partie la raison de ce que je fais. Mon but est d’aider les gens à se sentir enracinés dans la communauté et à y avoir des liens afin qu’ils aient une expérience positive et envisagent de revenir. »

Pourtant, il y a encore des défis, surtout quand il s’agit de l’infrastructure et du transport : « Un problème difficile ici est le logement. Et il n’y a plus de vols pour Kenora. Il faut prendre l’avion jusqu’à Winnipeg puis faire deux heures de route. La location d’une automobile est devenue si chère que certains programmes ne couvrent pas cette dépense pour les médecins remplaçants ».

Lorsque les étudiantes et étudiants arrivent dans une communauté, ils apportent de l’énergie, des compétences et la volonté d’apporter une contribution bien au-delà des murs de l’hôpital. L’effet se fait sentir dans toute la communauté : « Nous avons eu un étudiant qui a entraîné l’équipe de football de l’école secondaire. Il est vraiment gratifiant de voir ce type d’intégration communautaire ».

En fin de compte, Mme Derkson est optimiste en ce qui concerne l’avenir de la formation en santé dans la région. Elle approuve le changement systémique, qui passe par la conception d’un modèle de généraliste rural par les All Nations Health Partners, et vise à fournir un seul horaire et alléger ainsi bien des défis qui surviennent quand il faut équilibrer les horaires de la population étudiante.

Pour les personnes qui envisagent un rôle comme le sien, elle n’embellit pas la situation : « Ce n’est pas du 8 h à 16 h, du lundi au vendredi. On peut recevoir des appels le soir et devoir fournir de l’aide la fin de semaine. Mais c’est un travail extrêmement gratifiant. J’adore les étudiants ».

« Qu’est-ce qu’un stage à Kenora peut apporter? Je dis toujours que notre hôpital est petit mais puissant. Je vis à Kenora depuis 20 ans et chaque fois que j’en ai l’occasion, je veille à ce que la communauté soit renseignée sur les étudiantes et étudiants en médecine qui arrivent. »

Ce qui réjouit le plus Mme Derkson est de voir ces médecins en herbe revenir exercer dans le Nord.

Les CAL du Nord de l’Ontario ont aussi le dévouement et la passion de Mme Derkson et comprennent très bien ce que cela signifie d’étudier et de servir dans le Nord. Elles et ils s’efforcent de concrétiser le cœur de la mission de l’Université de l’EMNO : former et soutenir des professionnels de la santé résilients et profondément enracinés dans les communautés qu’ils servent.

Merci infiniment aux coordonnatrices et coordonnateurs administratifs locaux à Bracebridge, Dryden, Elliot Lake, Fort Frances, Hearst, Huntsville, Kapuskasing, Kenora, Île Manitoulin, Midland, North Bay, Parry Sound, Sault Ste Marie, Sioux Lookout, Sudbury, Temiskaming Shores, Thunder Bay, Timmins et Nipissing Ouest.

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