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Comment l’éducation et le travail ont amené une employée francophone de l’EMNO à renouer avec sa culture

La meilleure description de Debbie Popien est celle d’une personne toujours souriante et très attentionnée. Elle est agente francophone des dossiers des étudiants et des stages au choix à l’EMNO à la Lakehead University.

Elle parle anglais tellement facilement et clairement que vous ne devineriez jamais que sa première langue est le français. Elle est née à Timmins d’une mère originaire d’une petite ville du Québec et d’un père originaire d’une petite collectivité appelée Moonbeam dans la banlieue de Kapuskasing.

« Quand j’avais un an, nous avons déménagé à Thunder Bay en raison des affaires de mon père dans le secteur forestier, et j’ai parlé uniquement français jusqu’à environ 4 ans quand j’ai dû aller à l’école » dit-elle.

À cette époque, il n’y avait pas d’école francophone à Thunder Bay. Debbie se souvient de s’être fait une amie qui parlait uniquement italien. Ce n’est que des années plus tard qu’une école élémentaire entièrement francophone a ouvert à Thunder Bay, l’École catholique Franco-Supérieur, ainsi qu’une école secondaire, l’École secondaire catholique De La Vérendrye.

« Les choses étaient plus difficiles pour moi à cette époque. Aujourd’hui, il y a davantage de services accessibles en français. »

Pendant longtemps, elle n’a pas parlé français sauf quand elle rendait visite à sa famille à Thunder Bay. Ce n’est qu’après avoir eu sa fille et été encouragée à l’inscrire dans le système scolaire francophone à Thunder Bay qu’elle a renoué avec la communauté francophone.

« J’ai été éloignée de ma culture pendant de nombreuses années. Je n’avais pas vraiment d’influences francophones dans ma vie et cela me manquait. Les traditions me manquaient; c’est difficile d’expliquer la culture. »

Lorsque sa fille a dû commencer sa scolarité, elle s’est demandé si elle devait l’inscrire dans une école francophone. Ce sont des amis francophones d’un groupe de jeu qui l’on convaincue d’essayer. « Je me suis dit qu’elle n’avait d’expérience francophone nulle part ailleurs, et je voulais qu’elle ait la même expérience que moi. Elle ne parlait pas français quand je l’ai inscrite, mais à la fin de l’année, elle était bilingue. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à renouer avec ma culture. »

Debbie parle maintenant français tout le temps dans son travail à l’EMNO. Elle dit que les étudiants en médecine francophones apprécient de pouvoir communiquer avec une francophone.

« Vous savez, l’expérience en français occupe une grande place à l’EMNO, et le fait que nous ayons du personnel francophone qui peut comprendre les étudiants francophones importe beaucoup parce qu’ils sont beaucoup plus à l’aise quand ils se font servir dans leur langue préférée. Je suis en mesure d’assurer une offre active en français. »

Elle trouve personnellement gratifiant de travailler avec d’autres francophones.

« J’ai l’impression de me replonger dans la culture francophone, de la redécouvrir et de renouer avec elle. J’aime communiquer avec le personnel du Bureau des affaires francophones de l’EMNO. En plus, j’aide les étudiants francophones à se sentir rebranchés sur leur culture, ce qui les réconforte dans une certaine mesure. Et cela réduit un peu leur stress. »

Mme Popien dit qu’elle apprécie l’inclusion des francophones dans le cadre de la responsabilité sociale de l’EMNO; ce qui reflète la diversité de la région et des communautés francophones que l’EMNO sert.

« Encourager l’offre active et avoir des médecins francophones est un immense accomplissement. Selon ma propre expérience, lorsque ma mère ne se sentait pas bien et essayait d’expliquer ses symptômes au médecin, je me souviens de la difficulté qu’elle éprouvait. Elle ne pouvait pas s’exprimer dans sa langue. »

« Il est très important que les gens puissent parler à leurs médecins dans leur langue préférée. C’est alors que les barrières tombent et que les gens sont à l’aise. Et il y a une énorme communauté francophone ici; c’est tout simplement pertinent. »

L’art de traiter les patients en français

« Quand j’ai mal, j’ai mal en français. »

Il est difficile d’imaginer de recevoir des soins médicaux dans une langue étrangère.    Dre Crystal Boulianne, une ancienne de l’École de médecine du Nord de l’Ontario, qui espère établir sa pratique médicale après l’été, s’engage à éliminer les barrières linguistiques qui nuisent aux soins des francophones à Kapuskasing. Ses efforts sont si formidables, qu’elle vient de remporter le prix « résidente de médecine de famille 2019 pour son étude des communautés qui souffrent d’inégalités de santé », remis par le Collège de médecin de famille du Canada (CMFC) via la Fondation pour l’avancement de la médecine familiale.  Elle va recevoir le prix en novembre, lors du forum de médecine familiale 2019, à Vancouver.

Originaire de la région de Kapuskasing, Dre Boulianne a été élevée en anglais à la maison et a fréquenté l’école élémentaire et secondaire dans le programme d’immersion française.  Dès un jeune âge, elle reconnaissait l’importance du bilinguisme dans sa communauté.  En travaillant et en vivant dans la région, elle fut inspirée d’apprendre la langue française.

Pendant sa troisième année à l’institution, Dre Boulianne devait faire un stage de huit mois dans une communauté au nord de l’Ontario. Elle a choisi Hearst, une communauté majoritairement francophone, pour s’immerger dans la langue et la culture. Pendant son séjour dans cette petite ville, Dre Boulianne a entrepris un projet de recherche sur les services de santé pour les citoyens ayant trait au système de renvois et de suivis; elle a remarqué un défi important.

Lorsqu’un patient francophone requiert des suivis et est dirigé auprès d’un plus grand centre médical comme Sudbury, Timmins ou Thunder Bay, il n’y a pas de garantie qu’il y aura des services en français.  « J’ai entendu des histoires d’horreur de personnes âgées, ayant été redirigées pour des soins dans des villes comme Sudbury, qui y arrivent par ambulance et ne reçoivent pas de services en français. Ils reviennent à Kapuskasing sans avoir compris les instructions qu’ils ont reçues. Les services qui sont disponibles sont-ils vraiment accessibles? » signale Dre Boulianne.

D’après le Comissariat aux services en français, (qui fait maintenant partie du Bureau de l’Ombudsman de l’Ontario), l’offre active assure les services gouvernementaux offert en français. « Pour les utilisateurs du système de santé, l’offre active devient synonyme de sécurité. »

Dre Boulianne est passionnée d’offrir des services médicaux équitables à tous ses patients.  Son but ultime est de faire changer la façon dont les médecins de petites communautés francophones transfèrent les patients francophones aux plus grand centres médicaux.  Elle veut que les patients aient le choix d’obtenir des services d’un spécialiste francophone.

« On trouve ça drôle, mon mari et moi, et même mes superviseurs, parce que je suis la petite anglophone et c’est moi qui se bat pour assurer les droits des francophones » exclame Dre Boulianne.

Selon Dre Boulianne, il semble que les nuances de la médecine pour les francophones ne sont pas différentes de celles des anglophones.  Les problèmes et les inquiétudes sont souvent identiques.  Ce qui diffère c’est la planification des soins.  En renvoyant des patients francophones vers des professionnels de la santé francophone, la barrière linguistique est éliminée.

Il est difficile d’élaborer une solution concrète pour assurer que tous les citoyens aient accès à des soins de santé qu’ils méritent.  La première étape a trait à la sensibilisation des médecins à l’offre active des soins de santé équitables et sécuritaires dans la langue de préférence du patient. C’est aussi une question de renseigner les patients sur leurs droits de recevoir les soins de santé en français, s’ils le veulent.  C’est une tâche parfois difficile, mais il est rassurant de pouvoir compter sur des professionnels de la santé comme Dre Boulianne pour éclairer la piste et mener la cause à bien.

Première réunion du conseil de l’EMNO avec la nouvelle doyenne et PDG

Le conseil d’administration de l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) a tenu une réunion ordinaire le mercredi 18 septembre 2019 par une combinaison de webconférence et de téléconférence.

Le conseil a souhaité la bienvenue à M. Robert Haché, Ph. D., recteur de l’Université Laurentienne, et à la Dre Sarita Verma, doyenne et PDG de l’EMNO, qui assistaient à leur première réunion du conseil.

Les membres honoraires, Claude Lacroix, président du Conseil des gouverneurs de l’Université Laurentienne, et Ross Murray, président du conseil des gouverneurs de la Lakehead University, ont assisté à l’assemblée générale des membres.

Conformément à la politique du conseil, le mandat de Michel Bédard, Ph. D., de Lucy Bonanno, Lori Flinders, Nancy Jacko, George Payne et du Dr William McCready a été renouvelé. Le conseil a également accueilli deux nouvelles membres, Juliette Denis et Donna Dorrington, qui ont chacune un mandat de trois ans.

Juliette Denis, née et élevée dans le petit village de River Valley, est une professionnelle de la santé à la retraite qui a fait carrière pendant plus de 35 ans et vit actuellement à Hanmer. C’est une bénévole dévouée qui s’efforce toujours d’apporter des changements positifs. Citoyenne de la Métis Nation of Ontario, elle honore ses origines mixtes et a joué un rôle de premier ordre dans sa communauté métisse en tant que membre du conseil provisoire de la Métis Nation of Ontario.

Donna Dorrington est née et a été élevée à Sudbury. Elle a effectué ses études de premier cycle à l’Université Laurentienne et a obtenu son grade des cycles supérieurs de l’école de droit de la Queen’s University en 2003 puis a été admise au barreau en 2004. Elle a débuté sa carrière juridique à Toronto, et en un an, a décidé de revenir dans le Nord de l’Ontario où elle s’est installée à Timmins en 2006. Elle a exercé le droit dans plusieurs petites communautés, y compris dans des villages accessibles par avion uniquement sur la côte de la Baie James et dans des régions en bordure des routes 11 et 17.

Le conseil a approuvé les états financiers vérifiés de l’exercice terminé le 30 avril 2019 tels que présentés, ainsi que la nomination des vérificateurs pour l’exercice se terminant le 30 avril 2020.

Mme Moira McPherson, Ph. D, vice-présidente du conseil, a présenté et approuvé les objectifs de rendement de 2019-2020 de la Dre Verma. Cette dernière a remis son rapport du mois de septembre qui met en évidence les activités menées sous son égide depuis le 1er juillet 2019, y compris une mise à jour sur le recrutement de cadres supérieurs, les rapports Dean’s Engagement Report, Strengthening our Relations Report, et sur l’agrément des études en médecine de premier cycle.

Le conseil a approuvé la politique mise à jour sur les droits de la personne et la lutte contre le harcèlement et la discrimination.

« Je suis heureux de constater qu’une politique importante comme celle-ci soit appliquée dans toute l’école, a déclaré M. Haché. Elle est essentielle pour créer une culture de respect dans les environnements de travail et d’apprentissage, et j’attends avec intérêt de voir comment l’EMNO en fera une pratique concrète. »

Le conseil a reçu une mise à jour sur le plan d’élaboration et de travail pour le plan stratégique 2020-2025, y compris un rapport sur le vaste travail accompli par la Dre Sarita Verma et Ray Hunt, chef des opérations, sur les thèmes émergents afin d’appuyer la planification stratégique.  Des extraits des blogues et messages de la Dre Verma publiés depuis le 1er juillet 2019 ont aussi été distribués.

Des événements importants organisés par l’EMNO ont aussi été rappelés : la 14e conférence annuelle sur la recherche en santé dans le Nord à Little Current (Ontario) les 20 et 21 septembre 2019, et la série de conférences à l’occasion de la Journée de la chemise orange le 30 septembre.

La prochaine réunion du conseil d’administration est prévue pour les 27 et 28 novembre 2019 à Thunder Bay.

La liste complète des membres du conseil se trouve sur notre site Web à nosm.ca/board.

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