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Les compétences acquises à l’EMNO comblent une lacune dans les soins aux populations insuffisamment desservies s   

La Dre Andrea Haner (classe de médecine de 2010) utilise les compétences acquises à l’EMNO pour traiter diverses populations insuffisamment desservies. C’est la seule généraliste-oncologue qui traite des cancers gynécologiques dans le sud-ouest de l’Alberta.

« La population avec laquelle je travaille est très mal desservie. Si je ne faisais pas ce travail, les femmes devraient se rendre à Calgary; ce qui représente pour la plupart un voyage de deux heures et demie par la route jusqu’au centre de cancérologie, dit-elle. Au lieu de cela, elles peuvent venir à Lethbridge pour leur traitement de chimiothérapie. »

Les compétences que la Dre Haner a acquises à l’EMNO, axées surtout sur le côté personnel de la médecine, l’ont préparée pour ses spécialités, y compris le service à des populations diverses en médecine familiale avec l’équipe de l’aide médicale à mourir, le service de garde dans l’équipe hospitalière d’intervention auprès des victimes d’agression sexuelle, et son cabinet de médecine familiale au Lethbridge College en tant que généraliste oncologue.

Dans son cabinet, elle travaille avec diverses populations, elle y voit des étudiantes et étudiants collégiaux pour des questions de santé mentale et d’hormonothérapie pour les étudiantes et étudiants transgenres. Elle dessert aussi autres populations à l’extérieur du collège notamment les Hutterites, les Mennonites mexicains, des communautés autochtones locales et des environs.

« À l’École de médecine du Nord de l’Ontario, j’ai constaté que je passais beaucoup de temps à aider des patients qui avaient des problèmes sociaux et à naviguer dans le système de santé. Une partie importante de mon travail consistait à aider des gens dont certains aspects de leur vie étaient vraiment très difficiles. À l’EMNO, j’ai appris la compassion et à bien connaître les patients, ce qui apporte beaucoup de satisfaction. »

La Dre Haner ne prévoyait pas déménager dans l’Ouest, mais sa passion pour les soins de cancérologie l’ont amenée à suivre une formation au sein du programme des généralistes-oncologues en Colombie-Britannique. Elle est allée ensuite en Alberta quand le centre de cancérologie local cherchait une personne possédant ses compétences.

« Je suis très fière de ma formation dans le Nord. L’EMNO offre une formation très vaste, ce qui est son point fort. J’ai été exposée à des patients très tôt et à des précepteurs qui m’ont donné des conseils et des astuces pour annoncer de mauvaises nouvelles aux patients, pour naviguer dans le système et pour travailler avec des interprètes. Tout cela a fini par être très important dans le travail quotidien. »

Ces jours-ci, son exercice varié à Lethbridge consiste aussi à servir la population à 50 pour cent rurale par téléphone et par télémédecine, à participer à la coordination des soins et à guider les gens dans de petits centres, une autre compétence acquise à l’EMNO.

« Les étudiants en médecine dans les grandes villes n’ont pas conscience des limitations que connaissent les petits centres, par exemple, offrir des conseils pour les tomodensitogrammes, ou de ce que les médecins de famille ruraux sont en mesure de faire avec des ressources très limitées. J’ai fort bien compris ces défis. »

« Le fait est que j’ai trouvé ma voie en Alberta. Ma formation à l’EMNO me permet de mettre ma série de compétences en pratique n’importe où et je fournis des soins importants à des populations insuffisamment desservies. Lorsque vous entrez en médecine, vous n’êtes pas obligé de vous en tenir à un seul endroit ou à un seul type d’exercice, vous pouvez vous diversifier au fil de votre carrière.

La Dre Haner encourage la prise en compte du bien-être, de la diversité et de l’inclusion dans l’exercice de la médecine. En ce qui la concerne, elle a toujours voulu travailler en santé rurale : « pensez à la façon dont vos compétences peuvent aider n’importe quelle population insuffisamment desservie. C’est le service le plus appréciable » dit-elle.

La lutte pour l’inclusion

Alors que le mouvement de lutte active contre le racisme continue de se propager dans de nombreuses professions et communautés au Canada, les écoles de médecine sont parmi celles qui examinent de plus près leurs pratiques systémiques institutionnelles afin d’améliorer activement la diversité et l’inclusion.

Joby Quiambao est diététiste, diplômée du Programme de stages en diététique dans le Nord de l’Ontario (PSDNO), et travaille à temps plein au Maamwesying North Shore Community Health Service. Elle est aussi membre de la toute première section locale de Diversify Dietetics, un groupe qui travaille pour améliorer la diversité ethnique et raciale dans la profession.

« La sensibilisation amplifiée à l’injustice raciale dans les nouvelles et les manifestations antiracistes en cours ont fait connaître le manque de diversité dans de nombreuses professions. Les racines occidentales et coloniales sont révélées et confrontées » déclare Mme Quiambao.

« Au début de mes études universitaires de premier cycle, je n’avais pas réalisé combien il était important de connaître ma langue maternelle et mon histoire culturelle. Elles ont enrichi ma perspective et ma compréhension du travail que je fais aujourd’hui à titre de diététiste. Je pense qu’une grande partie de cette évolution est due au fait que nos sociétés systémiques et institutionnalisées sont conditionnées pour penser de manière standardisée. »

Mme Quiambao souligne que « le racisme est présent au Canada et continue de découler des racines coloniales, depuis la définition de ce que nous devrions manger jusqu’à qui peut entrer dans la profession de diététiste ».

Malgré tout, un changement se produit dans les communautés, et la population du Nord de l’Ontario grandit et se diversifie. Elle le constate et estime en faire partie. « Je suis très heureuse d’avoir été admise au PSDNO et de faire carrière dans le Nord ».

« Cependant, tout au long de mon parcours pour devenir diététiste, il y a eu un manque flagrant de diversité raciale, à la fois pendant mes études de premier cycle à la Western University et plus tard dans le Programme de stages en diététique dans le Nord de l’Ontario de l’EMNO; j’étais la seule personne de couleur dans ma classe du PSDNO de l’EMNO ».

Elle aimerait voir plus de diversité dans tous les programmes de formation en nutrition et en diététique, et que les établissements d’enseignement offrent des possibilités durables inclusives et accessibles aux candidates et candidats de diverses cultures, ethnies et situations socioéconomiques sous-représentées.

En ce moment, elle travaille sur une étude qui examine les données démographiques des candidates et candidats aux programmes de nutrition et de diététique. Elle espère que cette étude apportera de précieuses preuves pour améliorer le processus d’admission et contribuera à diversifier la profession. Elle décrit ce travail comme « un début ».

Mme Quiambao a surtout commencé le processus d’identification et d’exploration de soi en travaillant avec et dans des communautés autochtones à Toronto et dans le Nord. Ce sont les conseils de son ancien collègue, un guérisseur traditionnel, Kenn Pitawanakwat de la Première Nation non cédée de Wikwemikong, qui l’ont encouragée à explorer sa propre culture et son lien avec son parcours professionnel et son bien-être.

« J’ai appris que l’enseignement traditionnel est un partage culturel; que la nutrition, la santé des Autochtones et l’environnement se recoupent et sont interconnectés. Je le vois clairement en tant que diététiste. »

À son avis, il aurait été très intéressant de voir quelqu’un, comme elle, une personne de couleur, participer au programme ou être représenté dans la promotion de la formation en diététique.

« Cela apporte beaucoup d’espoir quand vous voyez quelqu’un avec qui vous pouvez avoir des points communs dans des rôles auxquels vous aspirez. Cela ajoute une toute nouvelle perspective sur ce que l’on peut espérer être ou s’efforcer de devenir, faire partie de cette profession. »

« Voir quelqu’un comme vous dans une carrière que vous espérez avoir un jour envoie le message que vous avez accès à cette possibilité. »

Ressources et autres lectures sur ce sujet : 

The Scope, page 12
Published paper in Canadian Journal of Dietetic Practice and Research

Diversify Dietetics
Towards Decolonizing Canadian Dietetic Practice

Une nouvelle diplômée de l’EMNO lauréate d’un prix de l’AMC

La Dre Niharika Shahi (classe de médecine de 2020) a reçu le Prix des jeunes chefs de file de l’Association médicale canadienne (étudiants en médecine) pour ses activités hors pair de promotion des problèmes de santé uniques au Nord, notamment le soutien en santé mentale pour les jeunes Autochtones des écoles secondaires, l’éducation du public sur les surdoses d’opioïdes et l’administration de Naloxone, ainsi que la sensibilisation aux signes de trafic de personnes.

Le prix est remis à une étudiante ou un étudiant « en reconnaissance de sa créativité, de son engagement et de son dévouement à changer la donne à l’échelle locale, provinciale ou territoriale, et nationale. »

La Dre Shahi a été surprise de recevoir le prix et ne sait pas qui a proposé sa candidature : « J’étais en quatrième année d’études de médecine et ce fut une très grande surprise. C’est non seulement une réussite pour moi mais aussi pour les équipes avec lesquelles j’ai travaillé dans ces initiatives. Dans le Nord, le travail a souvent lieu sur une petite échelle, et lorsqu’un prix national est décerné, soudainement ces initiatives importantes commencent à faire les manchettes dans tout le pays. Sur Twitter, j’ai vu des médecins d’Ottawa s’intéresser à ces initiatives menées dans le Nord de l’Ontario et en discuter. Pour moi, c’est la plus grande réussite. »

Elle estime que le mandat de responsabilité sociale de l’EMNO a éveillé son intérêt pour des initiatives en santé uniques au Nord qui dépassent le programme d’études en médecine obligatoire.

« Je me suis toujours intéressée à la prestation de meilleurs soins dans les communautés du Nord et c’est la principale raison pour laquelle j’ai choisi d’étudier la médecine dans cette région. J’estime avoir une responsabilité en tant que futur fournisseur de soins; c’est pourquoi j’ai pris l’initiative de souligner les différents problèmes auxquels nos communautés sont confrontées. »

Au cours d’un stage en milieu rural à Kenora, elle s’est entretenue avec des jeunes et visité des communautés environnantes des Premières Nations. Les jeunes Autochtones ont parlé des défis que présente le déplacement jusqu’à Thunder Bay pour fréquenter l’école secondaire. Elle a remarqué les problèmes de santé mentale de toute une population d’adolescents qui quittent leur famille pour effectuer des études supérieures et qui, dans bien des cas, reviennent chez eux deux fois par an seulement.

« J’ai pu m’associer à des psychiatres locaux par l’entremise de Compass North (une clinique communautaire dirigée par des étudiants). Nous avons organisé des ateliers à l’intention du personnel des écoles secondaires qui travaille avec de jeunes Autochtones afin de lui fournir les ressources nécessaires pour leur apporter un soutien en santé mentale » explique-t-elle.

La Dre Shahi s’est aussi adressée à un programme local d’échange de seringues lorsqu’elle a constaté la crise prévalente des opioïdes dans le Nord et le manque de formation sur la gestion des surdoses d’opioïdes. Elle a travaillé avec le programme pour offrir de la formation sur des moyens sécuritaires et recommandés d’administrer la Naloxone. L’atelier était à l’origine offert uniquement aux étudiants en médecine, mais suite à ses interventions, il est maintenant largement devenu un atelier public.

Pendant sa première année à l’École, la Dre Shahi s’est jointe à un groupe de bénévoles appelé Association des étudiantes et étudiants en médecine contre le trafic de personnes.

« C’était la première année d’existence de ce groupe. Il cherchait une représentante ou un représentant de chaque école de médecine. J’ai réalisé que ce problème se pose dans le Nord de l’Ontario mais n’est pas abordé, ni même mentionné, dans le programme de médecine. J’ai assumé le rôle de représentante du campus. J’ai communiqué avec le service local de police pour lui demander s’il accepterait de fournir des renseignements aux étudiants en médecine de l’EMNO dans le cadre d’un atelier. »

Le sujet a été ajouté à l’ordre du jour d’une soirée sur la santé des femmes et des enfants à l’EMNO. L’atelier a apporté des conseils sur la façon dont les médecins peuvent déceler les signer de trafic de personnes et comment différencier les traitements des victimes.

« Cela a ouvert les yeux de tous les participants car c’est un sujet qui n’est pas abordé ouvertement. Par exemple, nous avons parlé de ce qu’il faut faire si un patient victime de trafic de personnes se présente. »

La Dre Shahi a continué de travailler avec Compass North tout au long de ses études de médecine et est devenue plus tard directrice de son comité des services cliniques et sociaux.

« Initialement, Compass North a été établi pour offrir des services de santé en dehors des heures de clinique afin d’améliorer l’accès du public aux soins. La clinique offrait des services de base limités comme des ateliers sur la promotion de la santé et la vaccination contre la grippe. Ce fut une magnifique expérience d’apprentissage car dès ma deuxième année d’études de médecine j’ai pu interagir avec des patients, et j’ai pu demander le consentement et acquérir des compétences cliniques avant de commencer mes stages cliniques. »

« Des expériences comme celle de Compass North et le partenariat avec différents organismes locaux m’ont permis de travailler avec différentes équipes et d’apprendre à prodiguer de meilleurs soins dans le Nord. Ce fut ma plus grande motivation et j’aimerais beaucoup continuer de travailler sur quelques-unes de ces initiatives avec des étudiants de l’EMNO et les aider à avoir une meilleure formation. »

La Dre Shahi a récemment commencé sa résidence en radiologie à la McMaster University à Hamilton et prévoit de retourner à Thunder Bay pour fournir des soins à sa communauté d’origine.

NOSM University