L’Université de l’EMNO décerne ses premiers grades honorifiques à des cheffes de file qui ont transformé les soins de santé dans le Nord
Posted on May 13, 2026
Les tout premiers grades honorifiques de l’Université de l’EMNO récompensent deux personnes dont les contributions ont aidé à façonner sa mission, renforcer ses liens avec la communauté et amélioré en fin de compte l’accès aux soins dans le Nord.
Les deux premières lauréates, la sage Theresa Fiddler et Mme Maureen Lacroix, cumulent à elles deux plus d’un siècle de travail dans les soins de santé et la défense des intérêts. Cependant, ce n’est pas tant la somme des années qui est remarquable mais les résultats de leurs efforts qui ont apporté de profonds changements durables dans les soins de santé dans le Nord de l’Ontario.
« L’Université de l’EMNO doit son existence à la vision, au courage et à la détermination de chefs de file qui pensent que le Nord mérite un modèle différent de formation médicale enracinée dans la communauté qui répond aux besoins de notre région, a affirmé le Dr Michael Green, recteur, vice-chancelier, doyen et PDG de l’Université de l’EMNO. La sage Theresa Fiddler et Mme Maureen Lacroix sont à l’honneur pour leur travail d’édification de cette base. »
Lors de la collation des grades de l’Université de l’EMNO à Thunder Bay, le 22 mai, le travail de Mme Fiddler en faveur de la santé des Autochtones, qui a conduit à des réformes systémiques et à l’amélioration de l’équité en santé, lui vaudra les honneurs. Pour sa part, à la collation des grades de Sudbury le 29 mai, Mme Lacroix, sera aussi célébrée pour ses contributions à l’apport de soins cancérologiques dans le Nord et à la gouvernance dans les secteurs hospitalier et postsecondaire.
Selon Cindy Blackstock, Ph.D., chancelière de l’Université de l’EMNO, « L’Université de l’EMNO est enracinée dans les relations avec les communautés, les partenaires et les personnes qui, auparavant, ont aidé à définir notre voie. Ces grades honorifiques récompensent des personnes qui ont allié tradition, culture et lieu avec la médecine, renforçant ainsi les soins holistiques dans le Nord de l’Ontario et bien au-delà. Les lauréates nous incitent tous à mettre nos talents au service de la santé holistique de la communauté. »
À propos des lauréates des grades honorifiques
Sage Theresa Fiddler, doctorat honorifique en médecine
Le chapitre sans doute le plus définissant de la vie de Mme Fiddler est son rôle dans la grève de la faim de 1988 au Sioux Lookout Indian Zone Hospital. Aux côtés de son maintenant défunt mari, le chef Josias Fiddler, et d’autres dirigeants de la communauté, Peter Goodman, Allan Meekis, Peter Fiddler et Luke Mamakeesic, elle a appuyé et guidé un des actes de résistance autochtone qui ont eu le plus de conséquences dans l’histoire des soins de santé au Canada. Les grévistes de la faim ont demandé que le gouvernement fédéral s’attaque aux iniquités criantes dans les services de santé du Nord. Leur courage a amené des représentants fédéraux à Sioux Lookout, a brisé le système hospitalier indien ségrégationniste et catalysé la réforme du système. Ces événements ont fini par faire naître le Meno Ya Win Health Centre, un hôpital qui intègre les traditions autochtones et occidentales, et où Mme Fiddler demeure une sage.
En 2006, Mme Fiddler et son mari ont accueilli des dirigeants de l’Université de l’EMNO dans la Première Nation de Sandy Lake où ils ont animé une suerie et d’autres processus cérémonieux qui ont enraciné un programme de médecine émergent dans les enseignements anishinabés. Cette visite a jeté les bases de l’Expérience communautaire intégrée, une composante clé du programme d’études unique à l’Université de l’EMNO qui immerge la population étudiante en première année de médecine dans la vie de la communauté autochtone. Cette expérience, qui promeut des soins équitables aux Autochtones dispensés par des médecins qui les comprennent, n’existerait pas sans la générosité, la sagesse et l’esprit de cérémonie de la famille Fiddler.
Les contributions constantes de Mme Fiddler aux soins de santé et au savoir autochtone sont variées et considérables. En tant que sage de la Nation Nishnawbe Aski, c’est une présence constante dans plusieurs communautés des Premières Nations, notamment en période de crise. Une éducatrice et une militante engagée dans la lutte contre l’histoire coloniale de la médecine, ainsi qu’une figure importante des études autochtones, elle s’efforce de contester le mythe du « gène vigoureux », l’idée selon laquelle les Autochtones seraient génétiquement prédisposés au diabète de type II. Elle siège en tant que sage au Nishnawbe Aski Nation’s Women’s Council, à la Sioux Lookout First Nations Health Authority, au conseil des Chefs de l’Ontario et à l’Assemblée des Premières Nations. La série documentaire The Teri Redsky Fiddler Tapes retrace son histoire et transmet ses enseignements.
Le grade honorifique décerné à Mme Fiddler rend hommage à ses immenses contributions et à l’héritage collectif de la famille Fiddler.
Maureen Lacroix, doctorat honorifique en médecine
Maureen Lacroix est une cheffe de file visionnaire dont l’œuvre et l’approche collaborative ont durablement renforcé les soins de santé dans le Nord de l’Ontario. Infirmière autorisée et enseignante, elle a consacré des décennies à établir des partenariats, à mobiliser des ressources et à engager les membres de la communauté dans la planification et l’établissement d’organismes clés qui servent la population de Sudbury et du Nord-Est de l’Ontario.
Son leadership et sa persévérance ont joué un rôle déterminant dans la concrétisation du centre de cancérologie pour la population du Nord-Est de l’Ontario. Avec d’autres membres engagés de la communauté, elle a affirmé la nécessité de disposer de services spécialisés proches du domicile, afin que la population du Nord puisse recevoir des soins de haute qualité sans avoir à quitter leur communauté.
Une pionnière dans la gouvernance, Mme Lacroix est entrée dans l’histoire en tant que toute première présidente du conseil de l’Hôpital Laurentien, brisant ainsi des obstacles de longue date et établissant une nouvelle norme de leadership empreint de principes et orienté sur le service. Elle est plus tard devenue la première femme à présider le conseil de l’Université Laurentienne, élargissant ainsi son incidence sur l’éducation et la préparation de la future main-d’œuvre du Nord de l’Ontario. Elle a également présidé la Fondation de recherche sur le cancer du Nord où elle a continué de promouvoir les soins cancérologiques dans le Nord pour le Nord, y compris le lancement de la Chaire de recherche, Solutions au cancer, qui a entraîné une collaboration entre Horizon Santé-Nord, l’Université Laurentienne et le Centre de cancérologie.
Son engagement continu envers la santé des francophones se reflète dans la Bourse communautaire francophone Maureen Lacroix établie en 2007. Plus généralement, ses valeurs, à savoir l’équité, l’accès, la compassion et la responsabilité sociale, sont profondément intégrées dans la vision et la mission de l’Université de l’EMNO et demeurent centrales dans la formation de la main-d’œuvre en santé du Nord de l’Ontario. En tant que membre fondatrice du conseil d’administration de l’Université de l’EMNO, elle a contribué à façonner un établissement fondé sur la conviction que les soins de santé dans le Nord doivent d’abord viser les communautés du Nord.
L’héritage de Mme Lacroix se caractérise par la promotion de soins équitables et axés sur la communauté à Sudbury et dans le Nord-Est de l’Ontario où elle a aidé à établir et façonner l’inventaire des services de santé, à élargir l’accès aux soins et à améliorer les résultats pour d’innombrables gens du Nord, une œuvre qu’elle a accompli bénévolement.
Cet honneur reflète un héritage caractérisé non pas par des titres ou des hommages mais par une incidence durable.
