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Une nouvelle diplômée de l’EMNO lauréate d’un prix de l’AMC

Posted on September 9, 2020

La Dre Niharika Shahi (classe de médecine de 2020) a reçu le Prix des jeunes chefs de file de l’Association médicale canadienne (étudiants en médecine) pour ses activités hors pair de promotion des problèmes de santé uniques au Nord, notamment le soutien en santé mentale pour les jeunes Autochtones des écoles secondaires, l’éducation du public sur les surdoses d’opioïdes et l’administration de Naloxone, ainsi que la sensibilisation aux signes de trafic de personnes.

Le prix est remis à une étudiante ou un étudiant « en reconnaissance de sa créativité, de son engagement et de son dévouement à changer la donne à l’échelle locale, provinciale ou territoriale, et nationale. »

La Dre Shahi a été surprise de recevoir le prix et ne sait pas qui a proposé sa candidature : « J’étais en quatrième année d’études de médecine et ce fut une très grande surprise. C’est non seulement une réussite pour moi mais aussi pour les équipes avec lesquelles j’ai travaillé dans ces initiatives. Dans le Nord, le travail a souvent lieu sur une petite échelle, et lorsqu’un prix national est décerné, soudainement ces initiatives importantes commencent à faire les manchettes dans tout le pays. Sur Twitter, j’ai vu des médecins d’Ottawa s’intéresser à ces initiatives menées dans le Nord de l’Ontario et en discuter. Pour moi, c’est la plus grande réussite. »

Elle estime que le mandat de responsabilité sociale de l’EMNO a éveillé son intérêt pour des initiatives en santé uniques au Nord qui dépassent le programme d’études en médecine obligatoire.

« Je me suis toujours intéressée à la prestation de meilleurs soins dans les communautés du Nord et c’est la principale raison pour laquelle j’ai choisi d’étudier la médecine dans cette région. J’estime avoir une responsabilité en tant que futur fournisseur de soins; c’est pourquoi j’ai pris l’initiative de souligner les différents problèmes auxquels nos communautés sont confrontées. »

Au cours d’un stage en milieu rural à Kenora, elle s’est entretenue avec des jeunes et visité des communautés environnantes des Premières Nations. Les jeunes Autochtones ont parlé des défis que présente le déplacement jusqu’à Thunder Bay pour fréquenter l’école secondaire. Elle a remarqué les problèmes de santé mentale de toute une population d’adolescents qui quittent leur famille pour effectuer des études supérieures et qui, dans bien des cas, reviennent chez eux deux fois par an seulement.

« J’ai pu m’associer à des psychiatres locaux par l’entremise de Compass North (une clinique communautaire dirigée par des étudiants). Nous avons organisé des ateliers à l’intention du personnel des écoles secondaires qui travaille avec de jeunes Autochtones afin de lui fournir les ressources nécessaires pour leur apporter un soutien en santé mentale » explique-t-elle.

La Dre Shahi s’est aussi adressée à un programme local d’échange de seringues lorsqu’elle a constaté la crise prévalente des opioïdes dans le Nord et le manque de formation sur la gestion des surdoses d’opioïdes. Elle a travaillé avec le programme pour offrir de la formation sur des moyens sécuritaires et recommandés d’administrer la Naloxone. L’atelier était à l’origine offert uniquement aux étudiants en médecine, mais suite à ses interventions, il est maintenant largement devenu un atelier public.

Pendant sa première année à l’École, la Dre Shahi s’est jointe à un groupe de bénévoles appelé Association des étudiantes et étudiants en médecine contre le trafic de personnes.

« C’était la première année d’existence de ce groupe. Il cherchait une représentante ou un représentant de chaque école de médecine. J’ai réalisé que ce problème se pose dans le Nord de l’Ontario mais n’est pas abordé, ni même mentionné, dans le programme de médecine. J’ai assumé le rôle de représentante du campus. J’ai communiqué avec le service local de police pour lui demander s’il accepterait de fournir des renseignements aux étudiants en médecine de l’EMNO dans le cadre d’un atelier. »

Le sujet a été ajouté à l’ordre du jour d’une soirée sur la santé des femmes et des enfants à l’EMNO. L’atelier a apporté des conseils sur la façon dont les médecins peuvent déceler les signer de trafic de personnes et comment différencier les traitements des victimes.

« Cela a ouvert les yeux de tous les participants car c’est un sujet qui n’est pas abordé ouvertement. Par exemple, nous avons parlé de ce qu’il faut faire si un patient victime de trafic de personnes se présente. »

La Dre Shahi a continué de travailler avec Compass North tout au long de ses études de médecine et est devenue plus tard directrice de son comité des services cliniques et sociaux.

« Initialement, Compass North a été établi pour offrir des services de santé en dehors des heures de clinique afin d’améliorer l’accès du public aux soins. La clinique offrait des services de base limités comme des ateliers sur la promotion de la santé et la vaccination contre la grippe. Ce fut une magnifique expérience d’apprentissage car dès ma deuxième année d’études de médecine j’ai pu interagir avec des patients, et j’ai pu demander le consentement et acquérir des compétences cliniques avant de commencer mes stages cliniques. »

« Des expériences comme celle de Compass North et le partenariat avec différents organismes locaux m’ont permis de travailler avec différentes équipes et d’apprendre à prodiguer de meilleurs soins dans le Nord. Ce fut ma plus grande motivation et j’aimerais beaucoup continuer de travailler sur quelques-unes de ces initiatives avec des étudiants de l’EMNO et les aider à avoir une meilleure formation. »

La Dre Shahi a récemment commencé sa résidence en radiologie à la McMaster University à Hamilton et prévoit de retourner à Thunder Bay pour fournir des soins à sa communauté d’origine.