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L’EMNO célèbre 15 années de travail avec les coordonnateurs communautaires locaux

Posted on May 7, 2020

Les étudiants en première année de médecine à l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO) passe typiquement* quatre semaines dans une communauté autochtone dans le cadre de leur Expérience communautaire intégrée. Depuis 2006, l’EMNO compte sur des coordonnateurs communautaires locaux (CCL) pour les guider pendant leur séjour. Les CCL jouent un rôle vital dans le succès de l’expérience de stage dans la communauté.

« C’est une expérience transformatrice pour beaucoup d’étudiants, explique Lorrilee McGregor, Ph. D., professeure adjointe en santé des Autochtones à l’EMNO. Je pense que beaucoup ont des notions préconçues, mais en étant dans la communauté, ils observent ce que nous entendons par ‘déterminants sociaux de la santé’. Ils constatent les conditions d’hébergement et la qualité de l’eau, et apprennent qu’il ne s’agit pas de quelque chose d’abstrait ou de théorique. Ces déterminants sociaux de la santé influencent réellement la vie des gens. »

Leroy Quoquat vient de la Première Nation du Lac Seul, une communauté d’environ 2 500 personnes située à 480 kilomètres de Thunder Bay. Il est CCL depuis 13 ans et dit que la communauté aide à sensibiliser les étudiants. Ainsi, les étudiants de première année à l’EMNO s’initient aux soins infirmiers au Lac Seul ainsi qu’au traitement et aux programmes de santé publique en collaboration avec le centre de santé communautaire. Mais il souligne aussi la valeur des expériences non cliniques qui ont une grande incidence sur les étudiants : « Certaines personnes de notre communauté apportent aux étudiants une gamme de connaissances, y compris traditionnelles et culturelles, et ils s’immergent dans les aspects culturels de la communauté ainsi que des activités traditionnelles. »

« Je pense que c’est toute une expérience pour eux. Elle leur ouvre les yeux sur notre vie quotidienne. Il est également important pour les étudiants de comprendre ce que nous offrons en termes de soins de santé au niveau communautaire ». M. Quoquat dit également que les expériences culturelles comme la pêche et se déplacer sur le territoire sont des modes de vie directement liés à la santé de sa communauté.

Melissa Roy est CCL dans la Première Nation de Wiikwemkoong depuis dix ans. Dans sa communauté, l’expérience culturelle a commencé par un projet pilote que plus tard, les membres de la communauté ont décidé de poursuivre. Elle se souvient d’avoir personnellement été témoin de changements importants : « Un étudiant a totalement changé de perspective après avoir été dans la réserve. J’ai été émue de voir combien il avait changé de point de vue ».

« Je pense que lorsque les étudiants viennent dans notre communauté, ils savent que je suis ici; et j’ai l’esprit assez souple. Je les laisse explorer par eux-mêmes; ils apprécient le centre des jeunes et voient tous les enseignements qui s’y produisent. Ils se renseignent aussi sur la médecine traditionnelle. C’est vraiment bien de les voir apprendre que Wiikwemkoong est ingénieuse. De plus, les membres de la communauté demandent quand les étudiants arriveront. Ils les attendent avec impatience. »

Pour Lorna Pawis, CCL dans la Première Nation de Wasauksing près de Parry Sound, les étudiants en médecine ont un impact positif sur la jeunesse de sa communauté : « Les étudiants en médecine motivent les jeunes. Ils les incitent à aller de l’avant dans la voie professionnelle qu’ils choisissent. Les jeunes ont hâte de les voir arriver et de partager notre façon de vivre. »

Mme Pawis dit que d’autres précieuses leçons sont les enseignements communautaires sur les programmes de lutte contre la drogue et l’alcool ainsi que les enseignements traditionnels qui incluent la langue ojibwe, la confection de mocassins avec des aînés, la pêche et des rencontres avec des gens de la communauté.

« L’immersion culturelle est importante, dit la Pre McGregor, parce qu’elle donne à nos étudiants en médecine une perspective équilibrée de la vie de la communauté. »

« Souvent, les médias font état de nombreux aspects négatifs, mais les étudiants en médecine sont aussi exposés à toutes les effets puissants et positifs de la communauté. Ils sont engagés dans des choses comme notre langue et notre culture, nos cérémonies et nos expériences. C’est une immersion complète. »

« Beaucoup d’étudiants n’ont jamais été dans une communauté autochtone avant d’arriver ici et cela engendre parfois une certaine anxiété. Nous essayons d’aborder beaucoup cela dans nos séances de préparation à l’expérience réelle. Nous faisons l’exercice des couvertures, offrons des cercles de partage et discutons de protocoles pour les préparer. C’est comme cela que nous établissons des relations. Je pense que l’attente à long terme des communautés est que nos diplômés décident de travailler près ou plus près d’elles et avec elles. »

Le Dr Alex Anawati, médecin urgentiste à Sudbury et à Sturgeon Falls et diplômé de l’EMNO, dit que son expérience à Fort Albany il y a 15 ans a ébranlé ses préjugés et donné beaucoup de leçons qui l’ont aidé à se faire le champion de la responsabilité sociale de l’EMNO : « Ces leçons me reviennent dans le service d’urgence et quand j’enseigne aux étudiants en médecine. Cette précieuse expérience culturelle m’a aidé à indiquer pourquoi la responsabilité sociale est nécessaire dans la formation en médecine. Jackie et Fort Albany, merci pour cela. Ce sont des enseignements qui m’accompagneront toujours. »

* Il est important de souligner que les étudiants en médecine de l’EMNO ne se rendront pas dans les communautés en mai 2020 en raison de la COVID-19. Des arrangements sont en cours pour leur offrir d’autres plans d’apprentissage.