{"id":78360,"date":"2025-06-11T09:46:12","date_gmt":"2025-06-11T13:46:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nosm.ca\/?p=78360"},"modified":"2025-07-02T17:31:45","modified_gmt":"2025-07-02T21:31:45","slug":"a-life-of-service-dr-jean-anawati-reflects-on-rural-medicine-and-hopes-for-the-future","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/2025\/06\/11\/a-life-of-service-dr-jean-anawati-reflects-on-rural-medicine-and-hopes-for-the-future\/","title":{"rendered":"Une vie de service : Regard du Dr Jean Anawati sur la m\u00e9decine rurale et son espoir pour l\u2019avenir"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque le D<sup>r<\/sup> Jean Anawati a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Sturgeon Falls dans les ann\u00e9es 1970, les m\u00e9decins \u00e9taient rares. Ses coll\u00e8gues et lui \u00e9taient des personnes \u00e0 tout faire\u00a0: ils ont mis au monde des b\u00e9b\u00e9s, g\u00e9r\u00e9 la salle d\u2019urgence, fait des rondes \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et fourni des soins \u00e0 la communaut\u00e9 du d\u00e9but \u00e0 la fin de la vie. La m\u00e9decine rurale \u00e9tait exigeante; il fallait \u00eatre polyvalent et avoir un profond sens des responsabilit\u00e9s. Malgr\u00e9 la p\u00e9nurie de m\u00e9decins dans la r\u00e9gion, le D<sup>r<\/sup> Anawati a surtout remarqu\u00e9 que les jeunes ne s\u2019int\u00e9ressaient pas \u00e0 la formation dans les professions de la sant\u00e9 dans la r\u00e9gion\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai demand\u00e9 aux conseillers d\u2019orientation pourquoi personne n\u2019envisageait des \u00e9tudes en m\u00e9decine. Ils m\u2019ont dit que \u2018Les gens ici deviennent m\u00e9caniciens, agriculteurs et b\u00fbcherons\u2019, \u00e0 quoi j\u2019ai r\u00e9pondu \u2018Tout le monde n\u2019est pas n\u00e9 pour \u00eatre b\u00fbcheron\u2019\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait cette ferme conviction du D<sup>r<\/sup>\u00a0Anawati et de quelques coll\u00e8gues que les jeunes du Nord de l&rsquo;Ontario pouvaient devenir m\u00e9decins qui allait changer la communaut\u00e9 de Nipissing Ouest. Cette certitude allait profiter \u00e0 tout le Nord de l&rsquo;Ontario et orienter la r\u00e9gion vers un avenir meilleur. Ils ont affirm\u00e9 que les soins de sant\u00e9 ne consistaient pas seulement \u00e0 traiter des patients mais \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins sociaux et fonctionnels d\u2019une communaut\u00e9, id\u00e9e qui allait inspirer des initiatives fort n\u00e9cessaires dans toute la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Lorsque le D<sup>r<\/sup> Anawati est arriv\u00e9 dans le Nord de l&rsquo;Ontario pour exercer, les jeunes n\u2019avaient gu\u00e8re d\u2019autre choix que de d\u00e9m\u00e9nager dans le sud de l\u2019Ontario pour profiter des possibilit\u00e9s. Cela signifiait souvent que beaucoup de dipl\u00f4m\u00e9s en m\u00e9decine du Nord de l&rsquo;Ontario n\u2019y revenaient pas apr\u00e8s leur r\u00e9sidence. \u00c0 son avis, ce qui devait arriver \u00e9tait clair\u00a0: offrir la formation m\u00e9dicale dans le Nord pour le Nord. En outre, les services pour les communaut\u00e9s francophones et des Premi\u00e8res Nations de la r\u00e9gion manquaient terriblement, ce qui signifiait qu\u2019une solution qui r\u00e9pondait aux besoins de tout le monde dans la communaut\u00e9 \u00e9tait de la plus haute priorit\u00e9.<\/p>\n<p>Un coll\u00e8gue l\u2019a invit\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 la mise sur pied de ce qui allait devenir l&rsquo;Universit\u00e9 de l&rsquo;EMNO. Un des deux membres bilingues du groupe, il a eu l\u2019occasion de d\u00e9fendre la cause des Franco-ontariens en insistant sur l\u2019importance d\u2019un programme bilingue de m\u00e9decine familiale. La Northeastern Ontario Medical Education Corporation (NOMEC) a marqu\u00e9 le d\u00e9but d\u2019un effort pour former des m\u00e9decins de famille dans le Nord de l&rsquo;Ontario, mais la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019implanter un \u00e9tablissement permanent d\u2019enseignement ax\u00e9 sur le Nord et la m\u00e9decine rurale est devenue claire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les choses ont \u00e9volu\u00e9 naturellement, explique-t-il. Au d\u00e9but, nous pensions que l&rsquo;\u00c9cole de m\u00e9decine du Nord de l\u2019Ontario pourrait \u00eatre simplement une facult\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9 Laurentienne et de la Lakehead University. Mais nous savions que l\u2019autonomie \u00e9tait toujours dans la ligne de mire, l\u2019autonomie de g\u00e9rer nos programmes, taill\u00e9s sur mesure pour le Nord, par des gens du Nord. Nous n\u2019\u00e9tions pas des politiciens; nous \u00e9tions juste des gens qui voulaient am\u00e9liorer les soins de sant\u00e9 dans nos communaut\u00e9s. Ce qui comptait, c\u2019\u00e9tait que nous formions des m\u00e9decins et qu\u2019ils choisissent d\u2019exercer dans le Nord.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour ce fier membre de la grande communaut\u00e9 francophone de l\u2019Ontario, la formation de m\u00e9decins francophones \u00e9tait vitale pour r\u00e9pondre aux besoins des communaut\u00e9s de la r\u00e9gion\u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons cr\u00e9\u00e9 le Groupe consultatif francophone et veill\u00e9 \u00e0 ce que les programmes de r\u00e9sidence de l&rsquo;EMNO incluent des communaut\u00e9s francophones. La meilleure fa\u00e7on de servir les Franco-ontariens \u00e9tait de former des Franco-ontariens. Nous avons fait des progr\u00e8s, mais nous devons en faire davantage\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>M\u00eame si seulement 5 % de la population ontarienne est francophone, environs 25 % de la population du Nord de l&rsquo;Ontario parle fran\u00e7ais. \u00ab\u00a0Si vous regardez les autres universit\u00e9s ontariennes, seulement 5 % de leur population \u00e9tudiante pourrait \u00eatre francophone.\u00a0\u00c0 l&rsquo;Universit\u00e9 de l&rsquo;EMNO, le chiffre est plut\u00f4t de 15% ce qui ne refl\u00e8te pas totalement notre population francophone. Il y a encore de la place pour encourager les habitants francophones du Nord de l&rsquo;Ontario \u00e0 poser leur candidature \u00e0 l\u2019\u00e9cole de m\u00e9decine pour refl\u00e9ter ces 25 % dans nos admissions.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La solution est simple\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous \u00eates francophone, entreprenez votre formation dans une communaut\u00e9 francophone. Si vous \u00eates Autochtones, faites de m\u00eame dans une communaut\u00e9 autochtone. C\u2019est ce dont nous avons besoin, des gens de ces communaut\u00e9s qui deviennent m\u00e9decins et retournent les servir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il n\u2019\u00e9tait pas le seul fervent d\u00e9fenseur de la communaut\u00e9. En fait, toute sa famille s\u2019est engag\u00e9e. Son \u00e9pouse, Jocelyne Anawati, et lui pensaient qu\u2019\u00eatre dans le domaine des soins de sant\u00e9 signifiait s\u2019engager dans la communaut\u00e9 et pas seulement fournir des soins m\u00e9dicaux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mon \u00e9pouse \u00e9tait infirmi\u00e8re originaire de North Bay et connaissait fort bien les r\u00e9alit\u00e9s de la vie dans le Nord. En tant qu\u2019infirmi\u00e8re aux soins intensifs, elle a souvent constat\u00e9 les d\u00e9fis que les patients rencontraient quand ils ne pouvaient pas communiquer dans leur langue maternelle durant les moments les plus critiques et stressants de leur vie.\u00a0\u00bb Le D<sup>r<\/sup> Anawati explique que Jocelyne \u00e9tait une femme accomplie et engag\u00e9e dans sa communaut\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Par exemple, je n\u2019ai pas grandi avec le hockey. Je suis n\u00e9 en \u00c9gypte o\u00f9 le sport ne faisait pas partie de notre culture. Cependant, dans la salle d\u2019urgence, nous avons vu les r\u00e9sultats des blessures li\u00e9es au hockey. De plus, \u00e0 Sturgeon Falls, \u00e0 ce moment-l\u00e0, la nouvelle piscine \u00e9tait sous-utilis\u00e9e. Mon \u00e9pouse et un groupe de coll\u00e8gues infirmi\u00e8res ont pris l\u2019initiative de former une \u00e9quipe de natation, qui existe encore aujourd\u2019hui et offre aux jeunes davantage d\u2019options sportives\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Jocelyne a fini par laisser son poste d\u2019infirmi\u00e8re aux soins intensifs pour s\u2019occuper du cabinet du D<sup>r<\/sup>\u00a0Anawati. \u00ab\u00a0Quand nous avions des \u00e9tudiants et des r\u00e9sidents dans notre communaut\u00e9, nous tenions \u00e0 les accueillir chez nous. Chaque mercredi soir, nous les invitions \u00e0 d\u00eener avec nos enfants. Certains, y compris quelques-uns de Sudbury, passaient la soir\u00e9e avec nous afin de se sentir plus chez eux durant leurs stages. D\u2019autres vivaient tous pr\u00e8s de chez nous et savaient qu\u2019ils pouvaient passer s\u2019ils avaient besoin de quelque chose. Ma femme est devenue leur m\u00e8re adoptive en quelque sorte.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019occasion du 20<sup>e<\/sup> anniversaire de l&rsquo;Universit\u00e9 de l&rsquo;EMNO en 2025, le D<sup>r<\/sup> Anawati a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 partager ses espoirs et sa vision pour les 20 prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les m\u00e9decins ont trop de t\u00e2ches administratives; il faut r\u00e9gler cela. Le travail en solo conduit aussi \u00e0 l\u2019\u00e9puisement professionnel. Il est temps qu\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration prenne les choses en main. J\u2019ai fait ma part pendant longtemps et m\u00eame si j\u2019ai encore beaucoup de visions pour l\u2019avenir, il doit \u00e9voluer avec la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de m\u00e9decins. Nous devons augmenter le nombre d\u2019\u00e9tudiants et de r\u00e9sidents, surtout de m\u00e9decins de famille francophones. Et nous devons augmenter le nombre d\u2019\u00e9tudiants francophones et les int\u00e9grer pleinement dans la communaut\u00e9. J\u2019ai veill\u00e9 \u00e0 ce que les r\u00e9sidents passent du temps avec l\u2019infirmi\u00e8re et le pharmacien locaux. Je les ai expos\u00e9s au refuge pour femmes, \u00e0 l\u2019Association d\u2019int\u00e9gration communautaire (Community Living Association), et \u00e0 d\u2019autres services de la communaut\u00e9 afin qu\u2019ils comprennent bien leurs r\u00f4les et responsabilit\u00e9s envers toute la communaut\u00e9 et pas seulement envers leurs patients.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Enfin, le D<sup>r<\/sup> Anawati a conseill\u00e9 aux futurs \u00e9tudiants en m\u00e9decine\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous voyez qu\u2019il manque un service, regroupez des gens qui pensent comme vous et cr\u00e9ez-le. Mais souvenez-vous d\u2019une chose\u00a0: si vous ouvrez une porte, soyez pr\u00eats \u00e0 faire face \u00e0 ce qu\u2019il y a derri\u00e8re. N\u2019allez pas dans la communaut\u00e9 en pensant que vous avez la solution \u00e0 tout. Vous devez travailler avec les membres de cette communaut\u00e9 pour la trouver\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le D<sup>r<\/sup> Jean Anawati a cr\u00e9\u00e9 la Bourse D<sup>r<\/sup> Jean Anawati en 2006. En souvenir de son \u00e9pouse, Jocelyne, il a g\u00e9n\u00e9reusement enrichit sa contribution en f\u00e9vrier 2025 pour parvenir au total de plus de 100\u00a0000\u00a0$. Cette bourse profite \u00e0 des \u00e9tudiants en m\u00e9decine \u00e0 temps plein \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de l&rsquo;EMNO qui ont des liens avec Nipissing Ouest et la communaut\u00e9 franco-ontarienne.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque le Dr Jean Anawati a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Sturgeon Falls dans les ann\u00e9es 1970, les m\u00e9decins \u00e9taient rares. 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