{"id":49401,"date":"2022-03-09T11:01:45","date_gmt":"2022-03-09T16:01:45","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nosm.ca\/?p=49401"},"modified":"2022-03-09T16:06:20","modified_gmt":"2022-03-09T21:06:20","slug":"perseverance-and-compassion-from-uganda-to-eabametoong-first-nation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/2022\/03\/09\/perseverance-and-compassion-from-uganda-to-eabametoong-first-nation\/","title":{"rendered":"Pers\u00e9v\u00e9rance et Compassion De l\u2019Ouganda \u00e0 la Premi\u00e8re Nation d\u2019Eabametoong First Nation"},"content":{"rendered":"<p>La D<sup>re<\/sup> Jacinta Oyella avait dix ans quand l\u2019Ouganda \u00e9tait en proie \u00e0 une agitation politique mortelle caus\u00e9e par un groupe qui commettait des crimes contre l\u2019humanit\u00e9. Cette p\u00e9riode l\u2019a inspir\u00e9e \u00e0 trouver un sens dans la souffrance qui l\u2019entourait et \u00e0 voir le bien dans le c\u0153ur des personnes qui pers\u00e9v\u00e9raient \u00e0 prendre soin des d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>La D<sup>re<\/sup> Jacinta Oyella ne croit pas aux co\u00efncidences dans la vie. Apr\u00e8s une enfance marqu\u00e9e par les atrocit\u00e9s dans l\u2019Ouganda d\u00e9chir\u00e9 par la guerre civile, Jacinta a immigr\u00e9 au Canada o\u00f9 elle a fini par entrer dans le volet de r\u00e9sidence en m\u00e9decine familiale dans des Premi\u00e8res Nations \u00e9loign\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole de m\u00e9decine du Nord de l&rsquo;Ontario (EMNO).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le programme apportait beaucoup de soutien et tant la directrice locale que le directeur du programme \u00e9taient toujours accessibles. J\u2019ai eu d\u2019excellents pr\u00e9cepteurs\u00a0\u00bb dit-elle. Au cours de sa r\u00e9sidence dans la Premi\u00e8re Nation d\u2019Eabametoong, elle a v\u00e9cu des exp\u00e9riences fondamentales dans la prestation de soins \u00e0 une population des Premi\u00e8res Nations \u00e9loign\u00e9e; population \u00e0 laquelle elle prodigue maintenant des soins quotidiennement.<\/p>\n<p>Selon la D<sup>re<\/sup> Claudette Chase, directrice locale du volet de r\u00e9sidence en m\u00e9decine familiale de l&rsquo;EMNO dans des Premi\u00e8res Nations \u00e9loign\u00e9es, Jacinta \u00e9tait avide d\u2019apprendre et profond\u00e9ment compatissante et s\u2019est vraiment \u00e9panouie dans le programme. Outre sa formation de base en m\u00e9decine familiale, Jacinta a appris \u00e0 prodiguer des soins aux Autochtones, et s\u2019est renseign\u00e9e sur la gu\u00e9rison et la m\u00e9decine traditionnelles aupr\u00e8s d\u2019a\u00een\u00e9s et de membres de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L\u2019enfance en Ouganda<\/strong><\/p>\n<p>Jacinta a grandi dans une ville rurale de 42\u00a0000\u00a0habitants dans le nord de l\u2019Ouganda o\u00f9 la guerre s\u00e9vissait depuis pr\u00e8s de trois d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous arrivons tous dans ce monde avec un chemin trac\u00e9 pour nous; nous tr\u00e9buchons et tombons, mais nous nous relevons comme un ph\u00e9nix et reprenons notre route\u00a0\u00bb pour expliquer que nous tombons vers l\u2019avant et non pas en arri\u00e8re lorsque nous consacrons notre temps et notre c\u0153ur au combat contre la souffrance humaine. Son v\u00e9cu l\u2019a conduite \u00e0 devenir m\u00e9decin de famille.<\/p>\n<p>Elle doit au soutien, \u00e0 la r\u00e9silience et au d\u00e9vouement de ses parents d\u2019avoir pu continuer ses \u00e9tudes. Les troubles de stress post-traumatique, les troubles de sant\u00e9 mentale, l\u2019alcoolisme, le VIH\/sida, la pauvret\u00e9 et le taux \u00e9lev\u00e9 d\u2019analphab\u00e9tisme \u00e9taient l\u00e9gion dans son pays. En outre, en 1991, alors \u00e2g\u00e9e de 15 ans, elle a failli \u00eatre kidnapp\u00e9e par la milice dans son pensionnat. Durant l\u2019attaque, 42 \u00e9l\u00e8ves ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es, et deux ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9es. Heureusement, son dortoir a \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9.<\/p>\n<p>De cette exp\u00e9rience est n\u00e9e la ferme conviction qu\u2019elle devait faire quelque chose pour lutter contre ces atrocit\u00e9s. Elle souhaitait servir les gens d\u00e9plac\u00e9s, sans abri et pi\u00e9g\u00e9s dans le cycle sans fin de la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Devenir m\u00e9decin<\/strong><\/p>\n<p>Jacinta a trouv\u00e9 des encouragements et du soutien chez son oncle m\u00e9decin qui l\u2019a inspir\u00e9e et a influenc\u00e9 son parcours professionnel. Il traitait inlassablement des blessures par balles pendant les d\u00e9cennies d\u2019agitation politique.<\/p>\n<p>Elle s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e avec sa famille \u00e0 Kampala, la capitale, en qu\u00eate d\u2019une meilleure \u00e9ducation et de s\u00e9curit\u00e9. L\u2019exp\u00e9rience lui a instill\u00e9 \u00ab\u00a0un profonde compassion\u00a0\u00bb. Dans cette ville, elle a pris la responsabilit\u00e9 de mobiliser des volontaires \u00e9tudiants en m\u00e9decine. Parall\u00e8lement \u00e0 ses \u00e9tudes de m\u00e9decine, durant les cong\u00e9s, elle partait apporter de l\u2019aide dans des h\u00f4pitaux locaux, sous la protection de l\u2019arm\u00e9e. Elle a obtenu sa ma\u00eetrise en m\u00e9decine interne \u00e0 la Makerere University \u00e0 Kampala en 2010.<\/p>\n<p>Durant ses \u00e9tudes de m\u00e9decine, elle a aussi constat\u00e9 que beaucoup de maladies \u00e9taient \u00e9vitables. D\u00e9sireuse de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de sa communaut\u00e9, elle a concentr\u00e9 sa formation dans une sursp\u00e9cialit\u00e9 sur les populations de zones d\u00e9vast\u00e9es. \u00c0 cette \u00e9poque, en Ouganda, l\u2019esp\u00e9rance de vie moyenne \u00e9tait de 58 ans et la mortalit\u00e9 infantile avant l\u2019\u00e2ge de cinq ans \u00e9tait de 5,5\u00a0%. Plus de trois millions de personnes \u00e9taient s\u00e9ropositives et les maladies transmissibles, notamment la malaria, \u00e9taient la principale cause de d\u00e9c\u00e8s. Il y avait une p\u00e9nurie importante de ressources humaines en sant\u00e9 et d\u2019infrastructure dans les communaut\u00e9s o\u00f9 elle a appris et travaill\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Immigration au Canada<\/strong><\/p>\n<p>En 2011, alors enceinte de son troisi\u00e8me enfant, Jacinta a immigr\u00e9 au Canada pour se joindre \u00e0 son mari. Apr\u00e8s deux ans de b\u00e9n\u00e9volat au Royal Inland Hospital \u00e0 Kamloops (Colombie-Britannique), elle a \u00e9t\u00e9 coordonnatrice d\u2019un programme de sant\u00e9 mentale des enfants et des adolescents au Kamloops Aboriginal Friendship Center o\u00f9 elle s\u2019est instruite et a collabor\u00e9 avec des a\u00een\u00e9s, des survivants de pensionnats et 17\u00a0bandes des Nations Secwepemc.<\/p>\n<p>Jacinta a accept\u00e9 les pratiques culturelles des Premi\u00e8res Nations, notamment la roue de la m\u00e9decine, la \u00ab\u00a0wellbriety\u00a0\u00bb (sobre et bien), les r\u00f4les des a\u00een\u00e9s, les c\u00e9r\u00e9monies du tambour et la fabrication de tambours. Par-dessus tout, elle a \u00e9t\u00e9 convaincue de l\u2019importance d\u2019\u00e9tablir des relations fond\u00e9es sur la confiance.<\/p>\n<p>Avant de venir \u00e0 l&rsquo;EMNO, la D<sup>re<\/sup> Oyella avait publi\u00e9 plusieurs articles soumis \u00e0 un comit\u00e9 de lecture, et re\u00e7u la Women Deliver International Scholarship en tant que championne mondiale de premier ordre de la sant\u00e9, des droits et du bien-\u00eatre des femmes. C\u2019est son travail dans le domaine de la pr\u00e9vention de la transmission du VIH entre la m\u00e8re et l\u2019enfant en Ouganda qui lui a valu cette bourse d\u2019\u00e9tudes internationale prestigieuse.<\/p>\n<p>Elle a \u00e9galement obtenu une subvention de recherche sur le VIH\/sida du Fogarty International Center de l\u2019American National Institute of Health pour mener une \u00e9tude transversale sur la pr\u00e9valence et les facteurs d\u2019une infection fongique opportuniste mortelle, la cryptococcose, constat\u00e9e principalement chez les personnes s\u00e9ropositives gravement immunosupprim\u00e9es. Elle travaille avec des chercheurs de la Case Western Reserve University en Ohio.<\/p>\n<p><strong>La r\u00e9sidence \u00e0 l&rsquo;EMNO<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 la fin du programme de r\u00e9sidence de l&rsquo;EMNO en m\u00e9decine familiale dans des Premi\u00e8res Nations \u00e9loign\u00e9es en 2021, elle a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement recrut\u00e9e par la <a href=\"http:\/\/www.matawa.on.ca\/\">Matawa Health Cooperative<\/a> (MHC) o\u00f9 elle prodigue des soins primaires complets \u00e0 des Premi\u00e8res Nations rurales et \u00e9loign\u00e9es. Son exp\u00e9rience clinique l\u2019a expos\u00e9e aux iniquit\u00e9s en sant\u00e9 que connaissent beaucoup de patients autochtones et l\u2019a inspir\u00e9e \u00e0 se lancer dans sa carri\u00e8re actuelle.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Son travail au MHC, qui est de fournir des services de sant\u00e9 pour assurer la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre durables de tous les membres des neuf Premi\u00e8res Nations de Matawa, t\u00e9moigne non seulement de son d\u00e9vouement et de son d\u00e9sir de servir les Premi\u00e8res Nations du Nord de l&rsquo;Ontario, mais aussi de sa formation et de son sens remarquable de l\u2019\u00e9thique en tant qu\u2019\u00eatre humain\u00a0\u00bb affirme David Booth, coordonnateur de programme dans le volet de la r\u00e9sidence de l&rsquo;EMNO en m\u00e9decine familiale dans des Premi\u00e8res Nations \u00e9loign\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 propos du volet de r\u00e9sidence en m\u00e9decine familiale de l&rsquo;EMNO dans des Premi\u00e8res Nations \u00e9loign\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>En 2017, l&rsquo;\u00c9cole de m\u00e9decine du Nord de l&rsquo;Ontario, la Premi\u00e8re Nation d\u2019Eabametoong et la\u00a0 \u00a0Matawa First Nations Management (MFNM) ont conclu une entente tripartite (appuy\u00e9e par le minist\u00e8re de la Sant\u00e9) dans le but de pr\u00e9parer de futurs m\u00e9decins de famille \u00e0 exercer dans des communaut\u00e9s des Premi\u00e8res Nations dans le Nord de l&rsquo;Ontario. L&rsquo;entente est un grand succ\u00e8s pour le volet de r\u00e9sidence en m\u00e9decine familiale dans des Premi\u00e8res nations \u00e9loign\u00e9es car elle refl\u00e8te le mandat de responsabilit\u00e9 sociale de l\u2019\u00c9cole qui est de doter les r\u00e9sidentes et r\u00e9sidents de comp\u00e9tences en m\u00e9decine familiale dans divers sites ruraux et \u00e9loign\u00e9s d&rsquo;apprentissage, et dans des centres urbains, notamment le Centre r\u00e9gional de sant\u00e9 de Dryden, le Centre de sant\u00e9 Meno Ya Win de Sioux Lookout et le Centre r\u00e9gional des sciences de la sant\u00e9 de Thunder Bay.<\/p>\n<p>Le programme de r\u00e9sidence de l&rsquo;EMNO en m\u00e9decine familiale dans des Premi\u00e8res Nations \u00e9loign\u00e9es est ax\u00e9 sur les soins primaires aux Premi\u00e8res nations et est le premier en son genre en Ontario. Il fait partie de seulement deux programmes de r\u00e9sidence en m\u00e9decine familiale ax\u00e9s enti\u00e8rement sur la sant\u00e9 des communaut\u00e9s des Premi\u00e8res Nations. Au Canada, entre 2006 et 2016, la population autochtone a augment\u00e9 de 42,5 %, un taux quatre fois plus \u00e9lev\u00e9 que celui de la population non autochtone; c\u2019est aussi la population la plus grande et qui augmente le plus rapidement en Ontario.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Dre Jacinta Oyella avait dix ans quand l\u2019Ouganda \u00e9tait en proie \u00e0 une agitation politique mortelle caus\u00e9e par un groupe qui commettait des crimes contre l\u2019humanit\u00e9. Cette p\u00e9riode l\u2019a inspir\u00e9e \u00e0 trouver un sens dans la souffrance qui l\u2019entourait et \u00e0 voir le bien dans le c\u0153ur des personnes qui pers\u00e9v\u00e9raient \u00e0 prendre soin &hellip; <a href=\"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/2022\/03\/09\/perseverance-and-compassion-from-uganda-to-eabametoong-first-nation\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Pers\u00e9v\u00e9rance et Compassion De l\u2019Ouganda \u00e0 la Premi\u00e8re Nation d\u2019Eabametoong First Nation<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[191,16,249],"tags":[372,375,134,374,196,285,373],"class_list":["post-49401","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-alumni-stories","category-spotlight","category-indigenous-stories","tag-dr-oyella","tag-eabametoong","tag-family-medicine","tag-first-nations","tag-indigenous-health","tag-social-accountability","tag-uganda"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49401","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=49401"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49401\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":49422,"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/49401\/revisions\/49422"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=49401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=49401"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nosm.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=49401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}